Toute hospitalisation comporte un risque. Mais lorsqu’un patient contracte une infection au cours de son séjour à l’hôpital, dans des conditions évitables ou mal prises en charge, les conséquences peuvent être dramatiques. Complications post-opératoires, aggravation de l’état de santé, reprise chirurgicale, invalidité, voire décès.
Ces infections dites nosocomiales, c’est-à-dire contractées dans un établissement de santé, ouvrent droit à une indemnisation, même en l’absence de faute. Encore faut-il connaître ses droits, comprendre les mécanismes juridiques en jeu, et engager les démarches appropriées pour obtenir une réparation intégrale.
L’infection nosocomiale est définie comme une infection contractée au cours d’un séjour dans un établissement de santé, qui n’était ni présente ni en incubation à l’admission du patient. Elle peut apparaître :
Ces infections sont généralement dues à des bactéries résistantes, parfois multirésistantes (staphylocoque doré, entérobactérie, pseudomonas, etc.).
Oui. En matière d’infection nosocomiale, le droit français prévoit un régime de responsabilité objective : cela signifie que l’établissement de santé est responsable même en l’absence de faute, dès lors que le caractère nosocomial de l’infection est établi.
Ce principe s’applique à :
La jurisprudence est constante : le patient n’a pas à prouver une erreur d’asepsie ou une faute d’organisation. Il suffit de démontrer que l’infection a été contractée à l’hôpital et qu’elle a entraîné un préjudice.
Pour ouvrir droit à réparation, la victime doit réunir trois éléments :
Il arrive que l’infection survienne dans un cabinet médical, un centre de soins ou un établissement médico-social (EHPAD, centre de dialyse…). Dans ce cas, la victime peut engager la responsabilité de droit commun du praticien ou de la structure, mais devra prouver une faute, contrairement au régime hospitalier.
En cas de dommage grave, les victimes peuvent saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI). Cette procédure gratuite permet d’organiser une expertise indépendante et, si le seuil de gravité est franchi, d’obtenir une indemnisation par l’ONIAM (Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux), notamment lorsque :
L’ONIAM intervient également en cas de décès, au bénéfice des ayants droit.
Les préjudices indemnisables sont nombreux et doivent être évalués avec précision. Ils comprennent notamment :
Chaque situation mérite une approche individualisée, fondée sur une expertise médicale contradictoire et une évaluation poste par poste selon la nomenclature Dintilhac.
Dans ce type de contentieux, l’intervention d’un avocat spécialisé est souvent déterminante. Il vous aide à :
L’avocat en erreur médical vous protège aussi sur le plan humain, face à l’opacité de certains hôpitaux ou au déni des responsabilités. Il est votre allié pour faire reconnaître la vérité médicale et juridique de votre histoire.